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« Au diable toute la psychologie »
Nietzsche in "Ecce Homo"
Tout le monde devrait connaître ces mots célèbres de Freud à propos de Nietzsche:
« Je me suis refusé l'éminent plaisir de lire les œuvres de Nietzsche dans l'intention délibérée de ne pas me laisser entraver dans l'élaboration des
impressions reçues en psychanalyse par aucune sorte d'idées anticipatrices.
Nietzsche, philosophe de qui les divinations et les intuitions concordent souvent de la façon la plus étonnante avec les résultats laborieusement acquis de la psychanalyse, fut pendant longtemps
évité par moi pour cette raison même ».
- Quel affreux ce Sigmund !!! Pas besoin d'avoir fait des études de psycho pour reconnaitre là un cas de paranoïa mégalomaniaque avéré.
Primo, il commence par reconnaître en Nietzsche un visionnaire ("philosophe aux idées anticipatrices....")
Deuxio, il a le culot d'affirmer que les intuitions Nietzschéennes, finalement ne font que confirmer les résultats laborieusement acquis de la psychanalyse.
Tercio, il s'interdit de le lire. Motif: ne pas se laisser entraver dans l'élaboration de ses impressions reçues en psychanalyse !!!
Moi j'appelle ça de la mauvaise foi provocatrice: il sait pertinemment que Nietzsche l'a précédé dans la critique et le renouvellement de certains concepts (du
moins, il le croit car je vois mal le rapprochement que l'on peut faire entre la pensée de Nietzsche et celle de Freud !)
En fait Freud tient avant tout à être reconnu comme "LE" premier et "Le seul découvreur" de cette béquille creuse qui est malheureusement devenue le moyeu central "IRREFUTABLE", autour duquel tournent aujourd'hui toutes les disciplines "pseudo-scientifiques" ayant pour objet l'étude de la psyché: l'Inconscient.
"Pas d'influences, pas de filiation, la pensée freudienne s'est faite toute seule", ben voyons !!!
Il veut nous faire le coup de la génération spontanée ou quoi ?
Personnellement, je n'ai jamais compris ce que c'était, l'Inconscient (l'Inconscient Freudien du moins) sinon une aberration grammaticale qui ne désigne rien d'autre que sa propre vacuité.
Car enfin, pourquoi appeler "Inconscient" ce que l'on ramène justement à la conscience ?
Le propre de l'Inconscient, c'est d'être ....inconscient, non ?
Mais chaque fois que je sors cette tautologie, on m'accuse de jouer avec les mots !
Alors je la ferme, je dis plus rien et je laisse tous les apprenti-psychologues s'amuser avec cet Inconscient, en particulier du mien et de ce avec quoi ils ont bien voulu le remplir ! (parce que moi, j'y ai rien mis, dans cette baudruche, mon "inconscient" est resté tel qu'il était avant Freud, vide.... vide de sens !!!
Enfin "je la ferme" ! ...pas ici lol.
Ici je dis ce que je veux
...et j'invite qui je veux !
- J'appelle à la barre .......Mr Michel ONFRAY !!!, philosophe hédoniste et athée, dont je viens de lire l'entretien avec un journaliste de "Le point" dans le
Hors-Série n°4 des "Maîtres penseurs" (encore un mot qui me plait, tiens !!!) consacré à "Freud, le Maître du moi" (rien que ça !!!!), pages 99 et 100.
Ouf, je suis pas tout seul lol
J'ai pas la science infuse ni les arguments appropriés, mais Onfray, lui, il les a !!!
Je vais donc de ce pas m'adonner à l'hédonisme athée en me servant un petit apéritif, et je vous laisse avec Michel Onfray, ça va me reposer lol
Extraits de cet entretien:
Michel Onfray:
Freud commence dans l'existence avec un handicap : il est considéré par sa mère comme la huitième merveille du monde! Sa vie durant, cet homme obsédé par l'inceste universalisera sa névrose
afin de donner raison à sa maman chérie : il lui faudra mentir en affirmant que sa technique analytique guérit, détruire des correspondances pour laisser croire qu'il s'est fabriqué tout seul,
rompre violemment avec ceux qui lui auront servi de marchepied, dissimuler nombre d'emprunts, construire un système pour conquérir le monde sur le principe de l'Église catholique - avec
orthodoxie, hétérodoxie, apôtres, Judas, conclaves, excommunications, etc.
Le Point:
Vous n'êtes ni médecin ni scientifique mais vous niez l'aspect scientifique de la psychanalyse. Vous dites même que c'est une pensée magique. Pourquoi ?
Michel Onfray:
Parce que Freud ne cesse de dire qu'il n'est aucunement nécessaire d'être médecin ou d'avoir fait des études
scientifiques pour allonger des gens sur un divan et se proposer de les soigner;
Parce qu'il récuse toute priorité anatomique, physiologique, biologique dans l'étiologie d'une pathologie qu'il croit toujours issue des labyrinthes d'un dispositif psychique dont l'existence
relève du postulat et non de la démonstration;
Parce qu'il a menti sur les cas fondateurs rapportés sur le mode littéraire !
C'est une pensée magique parce qu'elle relève du performatif: elle guérit certains sujets comme guérissent parfois aussi le sorcier, l'exorciste ou l'eau de Lourdes... Rien dans cette aventure de
très scientifique!
/.../
Le Point:
Vous parlez de « gnosticisme » freudien. Que voulez-vous dire?
Michel Onfray:
Le freudisme est une gnose, car il a réponse à tout et fonctionne en système clos : ce qui sort de lui est récupéré par lui comme résistance, refus signifiant la maladie, de sorte qu'on envoie bien vite l'athée au confessionnal sous prétexte qu'il lui faudrait une psychanalyse pour lever le conflit œdipien que sa résistance signale...
Le Point:
Et pourquoi appartiendrait-il, comme vous l'affirmez, au courant antiphilosophique ? Ses fidèles valorisent au contraire la liberté absolue que découvre le patient grâce à la psychanalyse...
Michel Onfray:
L'antiphilosophie est un courant du XVIIIe siècle qui s'oppose aux Lumières et à l'Encyclopédie.
La légende fait de Freud un philosophe des Lumières; or, cet homme qui croit à la numérologie, à la télépathie, au symbolisme, qui affiche un franc pessimisme, qui réhabilite l'immatérialité de
l'inconscient contre la matérialité neuronale, qui déteste la philosophie de façon récurrente, qui fait de la femme un sous-homme castré auquel il manque le pénis, qui construit une pensée
phallocrate, cet homme, donc, n'incarne pas les Lumières... Que les « fidèles », comme vous dites fort justement, trouvent leurs dieux parés de toutes les vertus me semble tout à fait normal -
d'ailleurs ce que vous me dites me conforte dans ma lecture... Quand ils sortent du confessionnal, les chrétiens vont mieux : est-ce la preuve de l'existence de Dieu?
Le Point:
Vous défendez l'idée d'un freudisme qui ne serait qu'un pessimisme autoritaire. Pourquoi?
Michel Onfray:
Freud dédicace un livre à Mussolini avec ces mots : « À Benito Mussolini, avec le salut respectueux d'un vieil homme qui reconnaît en la personne du dirigeant un héros de la culture. Vienne, 26 avril 1933. » Cet éloge inattendu du Duce, son pessimisme, son anticommunisme avéré et sa critique de tout optimisme social méritent qu'on ouvre le dossier et que l'on débatte.
Le Point:
Que proposeriez-vous à un ami qui souffre d'une névrose d'échec et qui recherche l'aide d'un thérapeute ?
Michel Onfray:
Qu'il lise Sénèque et ses Consolations, Marc-Aurèle et ses Pensées, Épictète et son Manuel, Épicure et sa Lettre à Ménécée, Montaigne et ses Essais, et qu'il se mette en quête d'une conversion (un mot d'abord philosophique avant sa récupération religieuse) qui le conduira à mener une vie philosophique, le maître objectif de toute philosophie antique avant que le christianisme ne pervertisse cette discipline sublime...
.....................
Zut, j'ai pas fini mon apéro lol
De toute façon, j'ai rien à ajouter, il a tout dit Onfray.
Si, juste une citation de Jorge Luis Borges qui m'évitera de dire encore du mal de Freud et de perdre mon temps !
« On finit toujours par ressembler à ses ennemis »
Promis, le prochain article, je dis du mal de personne lol
Santé !!!