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« Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… ».
"Midi vint, mon frère Jules était revenu de l'école.
Profitant de cette occasion, je saisis la serpe.
J'entrai dans la maison de ma mère et je commis ce crime affreux,
en commençant par ma mère... ensuite ma soeur... et mon petit frère...
Après cela, je redoublai mes coups!...
« Marie, belle-mère de Nativel, entra : Ah! que fais-tu, me dit-elle?
- Otez-vous de là, lui dis-je, ou je vous en fais autant.
Je sortis ensuite dans la cour, et m'adressant à Nativel :
" Michel, lui dis-je, allez prendre garde que mon père et ma grand-mère ne se fassent pas du mal;
ils peuvent vivre heureux maintenant.
Je meurs pour leur rendre la paix et la tranquillité. "
Extrait du mémoire de Pierre Rivière: « Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… ».
Pierre Rivière est né en 1815 à Courvaudon, en Normandie.
Claude Hebert dans le rôle de Pierre Rivière
Il est le fils de Victoire Brion et Pierre-Margrin Rivière et il a deux frères, et une soeur.
Ses parents ne vivent pas sous le même toit, leur mariage est un arrangement pour que le père échappe au service militaire
C'est un enfant solitaire et taciturne que l'on surnomme « l’imbécile à Rivière » et qui a la réputation d'effrayer les enfants par ses cris voire de tuer de sang froid les oiseaux dans ses
mains.
Il fuit la compagnie des filles, et éprouve une répulsion pour sa mère.
Il est révolté par l'humiliation que subit son père, homme faible, dominé par sa femme et par sa fille.
Un jour de juin 1835, Pierre Rivière habillé de ses vêtements du Dimanche, se rend à la ferme familiale et tue de sang-froid, à coups de serpe, sa mère – enceinte de sept mois -, et sa soeur âgée
de dix-huit ans.
Il exécute également Jules, son frère cadet, afin que son père, qui eût pu conserver pour lui quelque estime de s'être sacrifié pour le délivrer, le haïsse complètement.
Pierre Rivière fait aiguiser sa serpe chez le rémouleur
Son geste était prémédité et le jeune homme comptait se livrer de lui-même à la police, mais pris de panique s'enfuit dans la campagne environnante, errant pendant plusieurs jours, se nourrissant
de fruits et de racines.
Il tente plusieurs fois de se faire reconnaître et la police reussit à l'arrêter un mois après le carnage.
Commence alors un long procés pendant lequel les médecins se disputent les thèses de la bonne santé mentale et de l'aliénation du criminel.
Pendant ce temps là Pierre rédige son mémoire qui commence par ces mots terribles: « Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère… ».
Des chansons ont cours:
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Si dans les fastes de mémoire
A peine à sa vingtième année,
Demain pour le labourage,
Les victimes respirent encore.
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Finalement, pour pouvoir le condamner à mort, la cours assimile le matricide à un parricide.
(hé oui! l'acte de parricide était passible de mort et pas celui de matricide à cette époque)
Mais sa condamnation est commuée en réclusion à perpétuité par le roi.
Pierre Rivière n'accepte pas cette seconde décision et se pend le 20 octobre 1840 dans sa cellule.
De ce fait divers exceptionnel ont été tirés deux films:
Le premier de René Allio (Moi, Pierre Rivière...) qui insiste sur l’organisation concrète du procès et met en avant les insuffuisances de la justice de
l'époque.
Les acteurs y sont tous non professionnels. Le rôle principal est tenu par Claude Hebert.
Le second de Christine Lipinska (Je suis Pierre Rivière) avec Avec Jacques Spiesser (Pierre Rivière), Michel Robin (Le père), Thérèse Quentin (La mère), Isabelle Huppert (Aimée), Marianne Epin (Victoire)
Un ouvrage collectif très complet présenté par Michel Foucault traite de ce "cas de parricide au XIXè siècle".